Pensiero 1
«Il mattino del giorno del funerale rimasi a lungo solo col cadavere nella stanza. A un tratto il sentimento personale si trovò a coincidere con l’usanza generale della veglia ai morti. Il corpo morto mi pareva ancora terribilmente abbandonato e bisognoso d’amore. Poi tornai ad annoiarmi, e guardai l’orologio. Mi ero proposto di restare almeno un’ora con lei. La pelle sotto gli occhi era tutta raggrinzita, qua e là sul viso c’erano ancora le gocce d’acqua benedetta con cui era stata spruzzata. Il ventre si era un po’ gonfiato a causa delle pastiglie. Confrontai le mani sul suo petto con un punto fisso lontano, per vedere se non respirasse ancora. Tra il labbro superiore e il naso non c’era più alcun solco. La faccia era diventata molto virile. Ogni tanto, dopo averla contemplata a lungo, non sapevo più che cosa pensare. Erano i momenti di noia più grande, e io restavo, distratto, vicino al cadavere. Ma quando l’ora fu trascorsa, non volli uscire e rimasi con lei nella stanza più di quanto mi ero proposto».
Peter Handke, Infelicità senza desideri, 1972
Pensiero 2
«Quando un amico se ne va porta con sé una scheggia della vita vissuta insieme, i progetti, le speranze, i sentimenti coltivati in comune, i timori, qualche successo, qualche sconfitta, molte delusioni. Resta un vuoto e ci vuole tempo perché si colmi; il tempo e la memoria sono i soli rimedi per riempire quel vuoto e riappropriarsi dell’essenza della persona che improvvisamente è scomparsa».
Eugenio Scalfari, la Repubblica, 10.06.2006
Pensiero 3
«Quando la nostra parte infantile riesce a perdonare chi se n’è andato per la colpa di averci lasciato, possiamo continuare ad amarlo e sentirci amati. Solo così si può superare l’angoscia della solitudine, la malinconia dell’abbandono, il crollo del futuro e seguire il dialogo che ci avvince ai protagonisti della nostra storia».
Silvia Vegetti Finzi, 29.06.2016
Pensiero 4
«Lorsque je repense à ce que j’ai vécu au cours des 70 derniers jours, je me demande comment j’ai pu survivre. J’aurais pu me trouver chez la belle-sœur Hauda lorsque les bombardements l’ont tuée, ainsi que son mari et leur deux garçons, et qu’ils ont mutilé sa fille. J’aurai pu être avec Bilal, car nous avions prévu de nous déplacer ensemble. J’aurais pu me trouver dans un certain d’endroits qui ont été attaqués. Je me souviens qu’à la fin de la guerre de 2014, lorsque la ‘paix’ a été déclarée, un journaliste m’a demandé : ‘Qui a gagné?’. J’ai répondu à l’époque ‘J’ai gagné’. J’avais survécu, ne c’est pas? Je ne suis pas sûr que la réponse sera la même à la fin de cette guerre.
En repensant à ce journal – même s’il n’est pas terminé et que je vis toujours à Rafah –, je me surprends à ne pas vouloir me souvenir de tout cela. Je veux seulement me souvenir de ce qu’était la vie avant la guerre. Je ne veux pas me rappeler que tant des personnes qui m’étaient proches ont été anéanties. Je veux les garder avec moi, faire comme si elles étaient toujours là.
Ce n’était pas censé être un journal lorsque je l’ai commencé. Je voulais qu’il y ait une chronique des évènements au cas où je me mourrais. J’ai senti la présence de la mort à plusieurs reprises. Je la sentais rôder derrière moi, au-dessus de mon épaule, et j’écrivais pour la repousser, pour la défier, voire la vaincre, et pour me changer les idées. Alors que la guerre se poursuit, je ne peux penser qu’a survivre. Je ne peux pas faire mon deuil. Mon chagrin attendra. Ce n’est pas le moment de penser à tout cela. Dans ce texte, je peux voire tous ceux que j’ai aimés et perdu, et je peux continuer à leur parler. Ils sont toujours avec moi».
Atef Abu Saif, Le Monde, 05.01.2024
Pensiero 5
«L’indignation est salutaire, mais elle peut être aussi un piège qui enferme dans la dénonciation émotionnelle et le ressentiment. Je défends une politique du soin qui est l’un des piliers de la clinique de la dignité. C’est ce que nous enseigne l’éthique du ‘care’, cette notion mise en lumière par des philosophes féministes américaines des années 1980. Elles ont montré que ce qui fait ‘tenir’ nos sociétés repose majoritairement sur les femmes et sur des catégories socio-économiques, ethniques ou professionnelles que l’on paye et que l’on considère mal. Ce sont elles qui portent le fardeau de la vulnérabilité systémique comme de l’entretien des milieu indispensables à la vie.
Une politique de la dignité consiste à réhabiliter le soin des autres et des choses en renforçant l’attention que l’in y porte collectivement et ce, jusqu’à la question fatidique de la mort. Il s’agit d’humaniser ces taches difficiles, de valoriser le temps qu’on y passe, la qualité de la présence et de la relation, toutes ‘capacités’ aujourd’hui invisibles en politique. Il s’agit aussi de mutualiser ce fardeau, car c’est un enjeu politique et culturel qui concerne l’ensemble de la societé».
Cynthia Fleury, Le Monde, 29.08.2023
2 gennaio 2024
PENSIERI
Brevi approfondimenti, estratti di articoli, citazioni, idee, spunti o semplici annotazioni per riflettere insieme sulle tematiche più dibattute e attuali nel campo delle Medical Humanities.
A cura di Roberto Malacrida